ISBN: 9789875001374

Formato: 136 págs. 14 x 22 cm.

Fecha Publicación: 2010

Precio: $ 180,00 (U$S 10,59)

El espectador emancipado

Le spectacle est terminé

Le Nouvel Observateur, 24/12/2008

Avec Le spectateur émancipé, le philosophe mène une réflexion importante sur l'art contemporain et refonde la critique politique.

Le système tremble sur ses gonds. Nul ne peut plus l'ignorer, au moins depuis la chute de banques emblématiques et l'effet domino implacable qui s'ensuit depuis. Face à ce moment inouï, la pensée critique de gauche demeure étrangement inerte. Comme sonnée par des années d'acceptation mélancolique. Quiconque voudra comprendre les raisons véritables de sa sidération ponctuelle se devra d'ouvrir Le spectateur émancipé.
Ce nouvel essai de Jacques Rancière, trois ans après "la Haine de la démocratie", s'annonce avec modestie comme une réflexion sur les conditions de possibilité d'un art engagé aujourd'hui. D'objections à la pensée de Debord en considérations sur la photographie contemporaine, c'est pourtant rien de moins que la quasi-totalité des formes esthétiques et politiques présentes de dénonciation de l'empire marchand que l'auteur entreprend de réfuter avec une exceptionnelle profondeur.
On ne compte plus beaucoup de naïfs pour croire encore que les icônes en résine d'un Jeff Koonssont d'une quelconque efficacité pour combattre l'emprise du "spectacle". Et cependant, tous aujourd'hui, qu'ils soient sociologues marxistes, plasticiens «avancés» ou essayistes néo-réactionnaires, s'accordent avec ce montreur de lapins fluorescents surcoté pour décrire un monde aliéné par l'excès d'images et la fétichisation de la marchandise.
Une certaine fureur droitière veut y voir depuis quelques années le crime de la démocratie, envisagée en machine à détruire les formes traditionnelles d'autorité qui imposaient une limite au pouvoir du marché. Le brio postmoderne y trouve matière à d'inépuisables variations cyniques - preuve par Baudrillard ou Sloterdijk. La vieille dénonciation de gauche, notamment issue de Bourdieu, en tire l'occasion d'une interminable déploration des stigmates de la domination.
Aucune de ces pensées critiques n'offre d'alternative praticable à l'omnipotence de la bête. Face à cette impuissance patente, le désespoir ne cesse de croître, les énergies militantes de s'affaisser, l'art de se complaire dans une autoparodie dérisoire. Ce que Rancière suggère donc, c'est de changer de démarche, de présupposer qu'il n'y a aucun mécanisme fatal à déjouer, aucun processus global d'assujettissement dont la compréhension nous permettrait magiquement de nous libérer. Tout est possible, tout reste ouvert et surtout réversible. La force du livre de Rancière, c'est de parvenir à nous en convaincre, de dépasser le révoltisme vide commun à une certaine gauche. C'est du reste le sens noble que la politique recouvre, lorsqu'elle ne se borne pas à entériner les inégalités héritées ou à suborner l'électeur pour conquérir le fouet.

Fuente: bibliobs.nouvelobs.com/essais/20081224.BIB2693/le-spectacle-est-termine.html

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